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Voici les nouvelles envoyées par la famille Tanguay :

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Date
Nouvelles
03-06-2002

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texte de Nicolas
Fiji Island

30 mai
On prend un bon déjeuner et on prend le bateau pour aller au village Fidjien. On est allé à l'école avec des amis. 1 en Fidjien est " dua ", 2 est " rua ", 3 est " tolu ", 4 est " va ", 5 est " lima ", 6 est " ono ", 7 est " vitu ", 8 est walu, 9 est " ciwa " et 10 est " tini ". " ciwa " se prononce viwa. J'ai vu récolter un régime de bananes.

texte de Jolyane

30-05-02
On a pris un bateau pour aller dans un village. Nicolas, Francis, Sébastien et moi, on est allé à l'école. On a fait des mathématiques ; on a apprit des chiffres en fidjien :1 dua, 2 rua, 3 tulu, 4 va, 5 lima, 6 ono, 7 litu, 8 walu, 9 ciwa, 10 tini. On a joué au soccer.

3-06-02
On est allé à l'écoparc Kula. On a prit un perroquet et une iguane.


texte de Francis

FIDJI
Une fois arrivé à l'aéroport (le 24 mai), on rencontre un monsieur qui vend des tours. Après deux heures de négociations, nous avons fini par acheter un tour pour backpakers sur une petite île et un hôtel à Nadi pendant deux jours pour s'habituer un peu aux coutumes du pays. Pendant ces deux jours, on va au restaurant, on visite le marché, on va voir un hôtel et on se baigne… Après les deux jours, on prend un mini bus et ensuite un bateau qui nous conduit à l'île Waya Lailai. Ici, on se baigne, on fait des châteaux de sable on joue au volley ball. On a fait du snorkling. On a vu plein de petits poissons et de coraux multicolores. On a aussi monté sur une montagne et on a vu d'autres petites îles. Ici, les déjeuners, dîners et soupers sont inclus. Sébastien, Nicolas, Jolyanne et moi, on est allé à l'école une journée pendant que papa et maman parlaient avec la famille qui nous a accueilli et ils buvaient du kava (breuvage obtenu à partir de la racine broyée d'un arbrisseau). À l'école, on s'est fait des nouveaux amis (es). On a joué au soccer et au " ri " ( sorte de jeu qui ressemble un peu à la tag). Ici, comme il fait très chaud, les fenêtres et portes sont toujours ouvertes et on circule d'une classe à l'autre par l'extérieur. Tout le monde marche pieds nus. À la fin de la journée, on est retourné en bateau. Après nos 5 jours sur l'île, on prend un bateau pour se rendre à l'île principale. Ensuite, nous prenons un mini bus jusqu'à un hôtel sur le bord de la plage proche de la ville de Sigatoka. Ici, on se baigne, on joue au ping-pong Sébastien, Nicolas et moi, on se pratique au basebal … Parfois, on va en ville faire l'épicerie .


texte de Sébastien

24-05-02
On part de bonne heure pour l'aéroport. Papa va remettre le campeur. On vole pour Nadi, dans les îles Fidji avec Air New Zealand. Le vol à duré trois heures. On atterrit sur Viti Levu, la plus grosse des îles. Il fait un gros 30° C en sortant de l'avion ! C'est très différent de la Nouvelle-Zélande! Après les douanes, on s'informe pour aller sur une petite île. On décide de rester deux ou trois jours sur l'île principale pour mieux savoir comment ça marche à Fidji et planifier notre séjour. On couche dans un petit hôtel près de Nadi. Le paysage ressemble beaucoup à l'île Maurice, surtout à cause des arbres fleuris et de la canne à sucre. Dans notre appartement, il y a aussi des petits lézards, comme à Maurice.

texte de Francine


Fidji

24, 25, 26-05-02
Voyage en avion de N-Z à Fidji; à la sortie de l'avion, c'est la bouffée de chaleur qui nous monte au visage. Les douaniers sont en sulus, genre de jupes en coton drapées, attachées par un cordon à la taille; ça surprend beaucoup les enfants. Les agents de voyage nous sautent dessus pour nous vendre des tours, mais ça limite la sollicitation quand on leur dévoile notre budget familial par jour. On nous avait parlé du " lagon bleu " du film, mais on a poursuivi avec une petite île pour backpakers, moins dispendieuse. On sort donc de l'aéroport avec une réservation d'un petit appartement pour 3 nuits près de Nadi, et 5 nuits sur l'île de Waya Lailai, repas inclus. On utilise nos premières journées à se familiariser avec le pays et les façons de faire. On reçoit des " Bulas " de tous, ce qui signifie santé dans le sens de bonjour. Il semble que les touristes ici fonctionnent surtout avec des tours, beaucoup plus chers (mais moins de soucis), que l'utilisation des bus locaux ou vannettes taxis. Les têtes sont noires : Fidjiens et Hindous priment, avec quelques Chinois. On ne passe pas inaperçus et les offres de taxis pleuvent quand on nous voit; il faut bien négocier les prix car on nous demande régulièrement le double ou plus. On revient aux repas épicés comme à Maurice; bien des odeurs, fleurs, multi-ethnies, … nous rappellent cette île chaude du temps des fêtes. Il manque la chaleur de nos contacts de Maurice, mais on devra se débrouiller comme ailleurs. Les enfants jouent au soccer avec quelques copains dans un parc; tous sont pieds nus à part les nôtres.
Dimanche, on se rend à une église catholique; plusieurs arrivent en autobus; il arrête devant la porte. L'église est pratiquement pleine. La messe est en fidjien et l'entrée du prêtre se fait au son du tamtam, le seul instrument utilisé durant de courtes périodes de l'office, car les chants, eux, se font sans musique, et les paroles sont projetées à l'avant grâce aux acétates. Seul le curé porte des sandales, les servants, lecteurs et aides étant tous pieds nus, même avec l'aube. Plusieurs hommes et même des gamins de 5 à 15 ans portent une jupe. Il y a beaucoup de chants, beaucoup d'enfants, et la communion se donne sur la langue. Plusieurs sont munis d'éventails, malgré les ventilateurs du plafond qui ne suffisent pas.
Une offre de visite d'un hôtel à condos nous permet de profiter de la piscine, spa et plage durant une après-midi, avec mini show de musique locale au coucher du soleil, et un indigène en jupe de corde sisal et bracelets aux biceps fait le tour des flambeaux pour les allumer avec sa torche.

27-05-02
Notre transport pour Lautoka devait nous prendre entre 9 et 10 heures am, mais il n'est arrivé qu'à 11 : 45; faut pas s'en faire, c'est " Fidji time ". C'est la même chose pour le bateau qui devait partir à 1 heure pm. La traversée s'est bien déroulée; on a vu d'énormes bancs de coraux; on est arrêté porter la literie propre au " resort " d'une île voisine, et enfin, l'arrivée sur Waya Lailai. Réception au son de la musique locale, les hommes en jupes et hibiscus dans les cheveux. Ils nous a même portés sur leur dos pour la sortie du bateau jusqu'à la plage afin d'éviter de se tremper. On porte les bagages à la chambre, puis c'est le " afternoon tea " : thé ou café servi à 3 heures pm. Il fait chaud et ça presse de se baigner alors on saute dans nos maillots et c'est parti!

28-05-02
Les repas sont à heures fixes (7 hrs am, midi et 18 hrs) et ne durent qu'une heure donc pas intérêt à être en retard. On sonne l'heure des repas en soufflant dans un trou fait à l'extrémité d'un coquillage. On se lève donc pour le petit déjeuner et décidons de monter sur le pic du gros rocher avant que la chaleur soit trop accablante. On passe au travers des cultures locales et des champs de hautes graminées dans la montagne, avant d'arriver aux superbes points de vue sur les îles environnantes et la mer. La promenade se termine tout juste pour le dîner. On passe l'après-midi à contempler les poissons multicolores et les grosses étoiles de mer bleues avec notre masque, palmes et tuba. Nous avons de petits compagnons dans notre chambre : une araignée grosse comme le poing fermé, une limace, quelques énormes guêpes jaunes dont 5 nids en construction, et quelques charmants geckos (lézards) qui se font entendre de temps en temps, surtout quand les coqs se mettent à chanter à 4 :30 am.

29-05-02
On fait du " snorkle " toute la journée et quelques châteaux de sable, pour finir avec du volleyball de plage. Le souper est servi sur la plage : courge, feuilles de taro entourant une farce à l'oignon, poulet, manioc, le tout enveloppé dans du papier d'aluminium et cuit dans le sol, sur des pierres chaudes, pendant 3 heures. On appelle ça le " lovo " : on met des pierres sur un tas de bois en feu; celles-ci deviennent très chaudes; on met ensuite des troncs de bananiers coupés en deux sur les pierres, on y installe les aliments bien emballés dans l'aluminium, on recouvre le tout de feuilles de bananiers puis de terre, et on laisse cuire durant 3 à 4 heures; ça reste chaud longtemps si ce n'est pas déballé. Jean s'est pratiqué à la pêche à la ligne et est revenu avec un poisson. On rénove le chalet devant le nôtre : d'abord on tisse les pans de mur à partir de bambous écrasés et ouverts, puis on taille les côtés à la hache en suivant un madrier de bois et on cloue le tout sur les anciens murs fabriqués de la même façon. Le toit est recouvert de feuilles de palmiers sur plus de 30 cm d'épaisseur.

30-05-02
Visite au village : on part en bateau, avec un lunch qu'une cuisinière va nous cuire là-bas. Les enfants sont présentés à l'école où ils passent la journée. Jean et moi apprenons comment faire le lait de coco utilisé pour faire cuire le poisson fumé. Assise sur une planche munie d'un bout de métal rigide de 1 po par 3 pouces de long, la cuisinière y gratte l'intérieur d'une demie noix de coco pour la râper; on y ajoute ensuite de l'eau, et c'est ce lavage des râpures qui donne le lait de coco, qui sert à bien des recettes. On voit la préparation des feuilles qui serviront au tressage des nattes, sortes de tapis sur lesquels on s'assoit pour discuter ou manger. Pas de chaises, ici tout se passe par terre; une table sert seulement à mettre les instruments de travail (ustensiles, chaudrons, vaisselle sale,…) pour cuire la nourriture directement au-dessus d'un feu de bois.
On a droit à la cérémonie du " Kava " : c'est la boisson traditionnelle. On mélange de la racine de kava broyée dans de l'eau et on sert ce mélange couleur d'eau boueuse dans un fond de noix de coco vidé et bien lisse. Ca goûte un peu la boue sur fond de réglisse; j'étais bien heureuse d'être une femme et de pouvoir cesser de boire après 2 plats, sans offusquer notre hôte! Jean a dû terminer le bol de préparation avec le propriétaire. On sent un engourdissement de la langue (et probablement des facultés si on en boit du concentré). Le kava donne une défaite aux gens qui n'ont pas le goût de travailler : ou bien ils en ont trop bu la veille, ou pas assez!
Dans le village, on ne doit pas porter de chapeau, les femmes doivent porter une jupe qui cache jusqu'en bas des genoux et se couvrir les épaules. Personne ne doit crier dans un village, même les enfants. Tous marchent lentement et travaillent lentement, rythme adopté naturellement à cause de la chaleur et d'une grande liberté d'action. Pas besoin de courir, ils ont tout ce qu'ils ont besoin pour vivre et n'en demandent pas plus. La publicité ne les harcèle pas!
Certains cultivateurs se rendent à leur jardin en canot faits d'une feuille de tôle pliée, au travers des vagues de la mer… ça brasse un peu!

31-05-02
Visite de la famille de Mali, dans le village tout près du resort. Ils ont 2 enfants : une fille de 2 ans et un garçon de 2 semaines. On a discuté, assis sur une nappe tissée en feuilles de palmes, dans la pièce qui sert de cuisine et salon. Les lits sont toujours recouverts d'un filet contre les insectes. Mali a pêché un gros coquillage lors d'une sortie nocturne aux lampes de poches et nous l'offre. Ici, les enfants habitent avec les parents jusqu'à l'âge de 6 ans; à ce moment, ils doivent aller à l'école au village voisin, de l'autre côté de l'île; ils y habitent durant toute la semaine, chez de la parenté, et reviennent à leur maison pour la fin de semaine. Dès que la construction du dortoir sera terminée (les lits sont fournis par l'Angleterre), ils pourront y coucher.
On a revu Patemo (le monsieur du village qui nous a reçu hier), sur la plage de notre resort; il partait pour la montagne, arracher des taros et maniocs pour rapporter au village. Jean est allé avec lui, voir comment ça se passe. A son retour, on lui a remis une recette de biscuits à la noix de coco; il y tenait beaucoup.
Les enfants et moi avons fait du snorkeling et joué au volleyball; dur, dur, la vie de " tourdumondiste " hein?
Petit conseil : si vous projetez aller dans les mers du sud en vacances et que vous ne savez pas nager, ça vaut vraiment la peine de prendre un cours de base, avant de partir, pour pouvoir mettre la tête dans l'eau, en surface, et contempler la grande diversité de formes et de couleurs des poissons tropicaux. Ne ratez pas cette chance, c'est extraordinaire!

01-06-02
On repart de l'île de Waya Lailai (toujours avec un petit pincement au cœur, on s'attache aux gens et endroits où on est bien) pour s'en aller vers l'inconnu de la terre ferme, l'île principale de Fidji. On retourne à Nadi pour un transit, dans une autre vannette, vers Sigatoka où on nous a recommandé un petit bungalow à Tubakola. C'est un bel endroit en bord de mer, avec petite piscine devant le chalet; on peut cuisiner ou profiter du resto, et il y a de l'électricité tout le temps; on pourra se mettre à jour dans nos écritures sur l'ordi et nos cartes postales.
Sébastien s'en vient bon pour grimper dans les palmiers et nous rapporter des noix de coco. Il a besoin de raffiner sa technique encore un peu avant d'être engagé par les gros hôtels qui dépouillent leurs arbres des noix qui pourraient tomber sur la tête des touristes.

02-06-02
On va à la messe en taxi à Sigatoka. On arrive un peu en retard et l'église est pleine à craquer : les nouveaux communiant(e)s sont assis par terre dans l'allée centrale, avec leurs belles robes blanches et voile de dentelle sur la tête; les garçons portent chemise blanche et jupe marine. Il fait très chaud, mais on voit quand même des hommes en vestes d'habit, cravate et jupe. Il y a 4 grandes portes de chaque côté de l'église, en plus de l'entrée de derrière, et les gens sont assis sur le trottoir tout autour, avec bébés et jeunes, pour écouter le prêtre. On passe 2 fois la quête, la seconde allant aux œuvres de St-Vincent; c'était la même chose à Nadi.
Le soir, on voit plusieurs dizaines de grenouilles (ou crapauds), grosses comme le poing, qui se promènent sur la pelouse.

03-06-02
En après-midi, on se rend visiter l'écoparc Kula, à 5 minutes de marche de notre logement. On y voit différentes sortes d'oiseaux (le hibou des granges, plusieurs sortes de perroquets, …), des chauves-souris, des iguanes, serpents et lézards, des tortues marines, une collection de coquillages et d'insectes (malheureusement pas tous identifiés), des plantes indigènes, etc… On mange au resto pour souper : du cari au poulet avec rôtie et riz : c'est excellent. On assiste au rituel d'allumage des flambeaux par un fidjien costumé en jupe de raphia, qui court avec sa torche d'une place à l'autre, à l'hôtel 4 étoiles voisin du nôtre.
20-06-2002

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texte de Francine

04-06-02
On se rend à Sigatoka pour internet, 4 coupes de cheveux et un peu d'épicerie. La piscine est appréciée au retour. On décide de changer de place dès demain car le lagon contient trop d'algues à notre goût et on veut voir autre chose.

05 + 06 + 07 + 08 -06-02
On se rend au " Beachouse " de Korolevu où il y a plein de backpackers et une bonne ambiance. On y rencontre une famille qui vient de Suisse et qui voyage avec ses 2 enfants (6 et 4 ans) durant 6 mois; tout comme nous, ils achèvent leur périple mais veulent faire un autre voyage tour du monde dans 3 ans. Peut-être les verra-t-on au Québec???
On marche sur les récifs à marée basse; j'y ai vu un serpent de mer, le " banded sea krait ", trois fois plus venimeux que le " indian cobra ", mais qui a heureusement une petite bouche donc peut difficilement mordre et est peu agressif; on fait du snorkling avec un gentil requin (nous, on ne l'a pas vu, mais plusieurs dans le groupe qui nous accompagnait l'on aperçu); on fait du kayak et les enfants aiment bien se pratiquer à chavirer; on apprend à tresser ou tisser des palmes pour faire différentes formes allant des cubes, insectes…aux chapeaux (on en a encore beaucoup à apprendre et on ne sera pas experts en sortant d'ici, mais Sébastien a réussit à tresser un joli petit chapeau); on pratique notre volley ball de plage; on prend des marches au mini-village voisin pour se ravitailler en pain et lait (il n'y a guère plus de choses); Jean lit du " Harry Potter " en anglais qu'il traduit aux enfants tous les soirs avant le dodo. Un dictionnaire anglais-français serait bien utile, mais on se contente d'interprétation quelquefois au lieu de traduction. Tous apprécient beaucoup! On cuisine notre repas le matin et midi, et on commande 3 assiettes qu'on partage pour la famille le soir; avec un " pops " pour dessert, ça nous suffit. L'après-midi, il y a toujours " l'afternoon tea ", servi gratuitement et comprenant thé ou café avec " scones ", genres de petits pains qu'on garnit de beurre et confiture; c'est excellent et ça permet le rapprochement entre les clients. On écrit plusieurs cartes postales : nos partenaires qui nous financent en partie, mais aussi des remerciements aux gens qui nous ont hébergés, aux amis et écoles… On en profite maintenant car le retour au bercail sera, sans aucun doute, très chargé, et le temps risque de manquer.

09-06-02
C'est le départ de Korolevu vers Suva, en autobus. On débarque au backpackers tout près du musée, fermé le dimanche. Notre dîner dans un restaurant oriental nous rappelle de bons souvenirs de la Chine; la propriétaire nous montre des photos de Chine sur son calendrier et montre quelques chiffres et intonations du mandarin aux enfants. On se promène un peu en ville et s'informe de l'horaire des bus pour demain.

10-06-02
On visite le musée : les fidjiens viennent de Polynésie, de Micronésie et Mélanésie, mais tout ce monde origine d'Asie du sud-est, avant l'envahissement par les Mongols. On voit leurs premiers bateaux, leurs " bure " maisons traditionnelles, les coiffures spectaculaires des hommes (les " punks " d'aujourd'hui n'ont vraiment rien inventé!), les bijoux fabriqués à partir d'os humains, de coquillages, de dents…
On a vu les armes de combat servant à attaquer les ennemis et la tradition de cannibalisme qui n'est cessée que depuis 150 ans seulement. Manger son ennemi était considéré comme la revanche ultime. La torture et une mort non respectueuse était la dernière et pire insulte pour la famille de la victime. Le triomphe était célébré avec musique et danses, en mangeant tout de l'ennemi. Les captifs pouvaient être jetés vivants dans un four, ou démembrés et forcés de regarder les autres manger nos parties de corps et même forcés d'en manger nous-mêmes. Traditionnellement, on mange avec les mains, et la viande humaine était mangée de la même façon, par toute la famille. Cependant, les chefs et prêtres ne devaient pas toucher aucune sorte de nourriture avec leurs mains et lèvres; ils utilisaient des fourchettes spéciales en bois, à long manche. On les vend aujourd'hui dans les boutiques comme souvenirs pour les touristes. Colliers, épinglettes à cheveux, boucles d'oreilles, étaient fabriqués à partir d'os humains. Os, parties sexuelles et fœtus étaient suspendus dans les arbres comme trophées de chasse. Les crânes vidés servaient de bols à kava. Des rangées de pierres représentaient le nombre d'ennemis mangés par le chef du village.
Penser à tout ça semble irréel et donne des frissons vous ne trouvez pas?
On prend le bus pour Korovou; on se trouve un petit hôtel pour laisser les bagages et on se rend au marché. En s'informant pour visiter une ferme laitière, on rencontre un producteur qui nous invite chez lui puis chez un autre producteur et enfin, au centre de refroidissement du lait où va son lait. Le premier producteur visité : M. Apenisa Tawake de Wainikavula Farm, possède environ 60 têtes, et traie 24 vaches, soir et matin, à la main, dans un mini salon de traite où on attache 2 vaches à la fois. Il met le lait dans des bidons et un camion passe les ramasser soir et matin. La traite de ce matin : 23 kg. Le prix serait de 33 sous le litre. Il commence la traite à 4 :30 heures le matin et ça dure 2 heures, à 2 hommes; en pm, il traie à 2 :30 heures. Le chemin de terre et roches pour se rendre à la ferme brasse tellement qu'on a peine à croire qu'un camion y circule. Nous, on est embarqués à l'arrière d'un pick up muni de 2 sièges longeant les ailes arrières de la boîte, recouverte d'une toile, protection essentielle contre le soleil. C'est comme ça que les gens voyagent ici, en tout cas, ceux qui ont suffisamment d'argent pour se le payer; les autres marchent. Ainsi, les étudiants les plus éloignés peuvent marcher 6 miles (environ 1 ½ heures), soir et matin pour se rendre à l'école qui commence à 8 heures am et finit à 3 heures pm.
On se rend ensuite chez un producteur qui traie 94 vaches, à 3 hommes, pour une production totale de 160 litres par jour dans un réservoir, ramassée par un camion une fois par jour. La ferme compte 5 employés dont 2 sont à temps plein pour les pâturages seulement. La ferme est identifiée au nom de B. A. Batward (5339). Le gérant de ferme donne, lors de la traite, un mélange en poudre de tourteau de coconut, son de blé et tourteau de pois. Les vaches sont à peine grosses comme des taures de 1 an chez nous. On est en saison froide pour les producteurs (30°C le jour, mais ça peut baisser à 15°C la nuit), et la production est moindre, les pâturages étant moins abondants. Nous, on se plaint que la production diminue quand il fait aussi chaud!
On se rend ensuite à la laiterie, ou plutôt le poste de cueillette du lait " Waidalice Milk Chilling Center "; ils reçoivent les bidons d'une quarantaine de fermes, et font un test à l'alcool 70%, ½ alcool pour ½ lait; s'il y a coagulation, le lait est rejeté. Ils recueillent ensuite un échantillon qui suivra le lait vers la laiterie de Suva. En saison plus productive, ils ramassent jusqu'à 5000 litres par jour pour 40 fermes. Le tourteau de coconut est vendu $9.68 du 40 kg, et la mélasse, $40.00 du baril de 200 litres.
On retourne au marché où un homme de Nayavu, un petit village en montagne, nous a invité chez lui après 2 minutes de jasette; on avait parlé d'y passer demain peut-être, mais nous sommes revenus tard et il était parti.

11-06-02
On prend le bus vers Lautoka. Entre Korovu et Rakiraki, la route est en gravelle, les ponts de bois n'ont pas de garde et ça brasse beaucoup : grosse gravelle, virages en abondance et montagnes. Le paysage est très joli; la route suit la rivière tout le long. Les champs de canne à sucre commencent vers Tavua, et la récolte a commencé lundi dans la région de Ba. On voit des gens aux champs avec des bœufs, des wagons chargés, et même le petit train qui transporte la récolte de la journée à l'usine de Ba. On se rend coucher à Lautoka, en se promettant d'aller voir la coupe demain.

12-06-02
L'usine de sucre est encore fermée à Lautoka et la coupe n'est pas commencée. On retourne donc à Ba pour voir ça. On se fait débarquer devant un champ où la coupe est commencée. Les gens qui nous voient arriver semblent se poser des questions, mais nous les rassurons sur nos intentions : pas de canne à sucre au Canada, nous sommes intéressés à en savoir plus sur cette culture, en tant qu'agronomes. Les gens sont très accueillants et prennent de leur temps pour jaser avec nous et prendre des photos. C'est surtout Palan qui a répondu à nos nombreuses interrogations. La canne à sucre requiert 15 mois de croissance, puis, comme pour les vignes, quelqu'un vient doser la concentration en sucres (ça prend 20 points pour commencer)et donner l'heure juste du temps de début de récolte. Un champ bien entretenu peut durer 10 ans après la plantation. Le rendement varie de 30 à 60 tonnes par acre (plus faible dans les vieux champs). La coupe commence à 6 hrs am, pour profiter de la " fraîcheur " du matin, et se termine généralement vers midi. Il y a 2 équipes : les coupeurs avec le " sardar " i.e. contremaître, et l'équipe de chemins qui s'occupe de poser des rails de chemin de fer portables à travers les champs pour permettre le transport de la canne coupée vers l'usine. Les gens sont payés aux 3 semaines. Un homme peut couper autour de 1 tonne par jour. Il existe une dizaine de variétés sur l'île et 4 sont utilisées sur cette ferme-ci. Pour vivre de cette production, une ferme a besoin de 10 à 12 acres; le fermier doit fournir 2 coupeurs qui reçoivent $12 la tonne de canne coupée. Dans la région, 12 fermiers engagent ensembles 16 coupeurs et 3 gars de lignes qui font leurs fermes. Après la coupe, on a 7 jours maximum pour le transport du produit au moulin; plus on attend, plus la canne perd du poids. Lors de chicanes de voisins ou dans la famille, certains incendient les champs de canne de leur opposants, les forçant ainsi à tout récolter rapidement et livrer dans les 7 jours. En fin de saison, d'autres brûlent pour expulser les grosses guêpes jaunes des champs et éviter de douloureuses piqûres.
Malheureusement, la visite de l'usine n'a pas été possible, l'ouverture de celle-ci s'étant faite 2 jours plus tôt, le rodage n'étant pas terminé. Par contre, on a pu voir la série de camions chargés de cannes, en attente dans la cour de l'usine, ainsi que le petit train servant à la livraison du camp vers l'usine.
On prend un bus local qui fait tous les arrêts entre Ba et Lautoka, incluant le transport scolaire. C'est long, mais très intéressant de voir et rencontrer les enfants d'écoles différentes, tous vêtus de leur costume spécial selon l'établissement et la nationalité ou religion. Les filles sont toutes en robes au genou, certaines avec pantalon agencé dessous, d'autres parées d'un voile blanc sur la tête. On a vu majoritairement des Indiens. Les garçons portent généralement une chemise blanche et un sulu (jupe) bleu marin souvent, mais même blanc pour les plus vieux.
Il fait très chaud et la piscine de l'hôtel est bien appréciée au retour. Jean, pour sa part, continue jusqu'à Nadi pour magasiner les tours sur une île ou dans les terres, chez des habitants. Parti à 4 hrs pm, il ne revient qu'à 8 :45 heures pm … A 9 hrs, j'appelais la police!


Chansons apprises à Nausori, avec les jeunes du village :

-Simolo simolo na wai na papia na papai
Simolo Dua Rua
(et ils frappent des mains d'une façon bien particulière, avec beaucoup de ryhtme, et de plus en plus vite).
La chanson dit : small, small the water, the ghost and the giant, small, one, two…


-Concentration, concentration now begin,
Give the reason of the beat, lucky number …
(et chacun dit 2 chiffres, en suivant le rythme et frappant des main d'une façon précise; chacun a son chiffre à lui, qu'il doit dire en premier, puis dire le chiffre d'un autre, à son choix, qui poursuivra.)


-Grandma, grandma, sitting on the bench, she call the doctor, the doctor said :
Lets catarina by the head, ding, dong (bis)
(on reprend au début et change la deuxième phrase par:)
lets catarina by the hand (et on frappe des mains 2 fois) (bis)
lets catarina by the feet ( pieds 2 fois) (bis)
lets catarina by the high dance (bis)
Put them together and say:
Ding dong, clap clap, foot foot, high dance.


Un peu de traduction en fidjien ( aussi en hindi):
Oui = io merci = viinaka (dhanam baad) bonjour = bula ou dola sakuca en dialecte local (namaste)
Au revoir = moce qui se prononce modé papa = tata maman = nana
1 = dua (ack) 2 = dua (dui) 3 = tolu (tin) 4 = va (jar) 5 = lima (parn)
6 = ono (sart) 7 = vitu (art) 8 = walu (jhe) 9 = iwa (nho) 10 = tini (das)
11 = tinikadua 12 = tinikarua 13 = tinikatolu 14 = tinikava 15 = tinikalima
… et ainsi de suite jusqu'à 20 = ruasagavulu.

L'alphabet fidjien compte les mêmes lettres que nous (colonisation anglaise), avec 3 lettres en moins : H X Z, qui n'existent pas. On le prononce ainsi :
A ba ca da e fa ga i ja ka la ma na o pa qa ra sa ta u va wa ya.



texte de Jean


Fidji le 13 juin 2002

On prend un 4x4 avec un chauffeur Indien pour se rendre au petit village Fidjien de Nausori Highland. La route de terre est très mauvaise et abrupte. On est accueillis par une cérémonie du kava, breuvage légèrement narcotique obtenu à partir de la racine d'une plante. On broie les racines et on met la poudre dans un petit sac de coton qu'on trempe dans l'eau dans un grand bol en bois. On s'assoit en tailleur, il n'est pas poli de pointer les pieds. On doit boire le contenu d'une demie noix de coco d'un seul trait. Ca goûte la vase et la réglisse. On se sent engourdir la langue et on se sent détendu et relaxé. On fait ce genre de cérémonie chaque fois qu'on accueille des visiteurs. Les habitants du village se réunissent chaque soir autour du bol de kava et boivent toute la soirée. Contrairement à l'alcool, il ne rend pas violent et ne bonne pas de gueule de bois le lendemain. On commence à en exporter aux USA pour mettre les ingrédients actifs dans des pilules pour dormir et des antidouleurs; ils vendent la racine $40 le kilo.
Après une marche dans le village, on nous sert à dîner. On mange assis en tailleur sur une natte de feuilles tressées autour d'une nappe. On mange avec les mains. Manioc, nouilles, feuilles diverses cuites et un peu de viande composent le menu. Les invités mangent toujours en premier, suivent ensuite les autres membres de la famille en commençant par le père.
Dans l'après midi les enfants vont à l'école. Leur uniforme est un sulu bleu et une chemise blanche pour les gars, et une robe de coton turquoise pour les filles. Dans certaines écoles secondaires, il y a même des uniformes complètement blancs. La classe de première et deuxième année nous a accueilli avec ses chansons et comptines. En commençant l'école, ils doivent apprendre 2 nouvelles langues soient le fidjien et l'anglais car à la maison, ils parlent le dialecte local. Après un an d'école, ils sont à l'aise dans les 3 langues. Il y a 32 langues parlées à Fidji. Nos enfants s'en viennent pas pire en anglais.
On va voir des femmes tresser des papis de feuilles. On va faire un tour à la maison de ferme de Jos où des touristes américains sont venus dîner dans leur maison de palmes et bambous. Après l'école, on joue au rugby et au playpanny avec les enfants du village. De 18 à 19 heures, c'est l'heure réservée à la prière; les gens rentrent chez eux et font une prière de 5 à 15 minutes pour remercier Dieu de la journée et offrir leur nuit. Ils sont protestants méthodistes. A 19 heures, on démarre la génératrice du village jusqu'à 22 ou 23 heures. La plupart des maisons s'en servent uniquement pour l'éclairage; il n'y a souvent qu'un seul néon dans la maison. On demande $2. par maison par semaine pour couvrir les frais de fuel. Mais environ seulement la moitié des 30 familles arrivent à payer toutes les semaines. Si on manque d'argent, on coupe le nombre d'heures d'électricité.
Avant de se coucher, on passe à la toilette. Comme ils reçoivent des visiteurs étrangers de temps en temps, ils ont fait installer une toilette avec de l'eau dans une petite cabane au toit de chaume; celle-ci est barrée car c'est pour l'usage exclusif des touristes. Eux, ils vont bans une bécosse ordinaire derrière la maison. Tous les enfants nous ont suivi. Ca fait drôle d'aller aux toilettes avec 25 jeunes à la porte.
La maison est composée d'une grande pièce, de petites chambres et d'une cuisine. La grande pièce sert à prendre les repas, à se réunir, et souvent à dormir, le tout sur un tapis de feuilles tressées. Pour seul ameublement, il y a les tapis et 2 commodes pour le linge. On a des filets anti-moustiques pour dormir. Pour eux c'est très froid, car ça descend à 15°C la nuit; ils portent des manteaux d'hiver.


Vendredi le 14 juin

Les enfants vont à l'école cet avant-midi, le vendredi après-midi étant congé pour permettre aux élèves des villages voisins qui pensionnent ici la semaine de marcher chez eux avant la nuit. On prête un uniforme avec sulu à Nicolas. Il fait un examen de cinquième année et il a le meilleur score de la classe avec 73%. On se rend aux champs pour planter du manioc. On pique tout simplement un bout de tige dans la terre. Il fait chaud et ils ne travaillent pas longtemps. Tout le sarclage se fait à la machette. On laboure les champs avec une paire de bœufs. En après-midi, on se rend à une belle chute sur le ruisseau. Tous les habitants du village nous saluent d'un " boula " quand ils nous rencontrent; on nous accompagne partout où on va. Je devais planter du manioc avec le père, mais il a décidé de remettre ça à la semaine prochaine et de jaser avec un ami aujourd'hui. On se rend à la chute; les enfants plongent d'un rocher de 3 mètres et se baignent. Les enfants n'ont pas de costumes de bain, ils se baignent habillés et sèchent au soleil. De plus, ils couchent avec le même linge, ils sont tous nus pieds. Plusieurs ont de vilaines cicatrices dues à des bobos infectés et au manque d'hygiène. Il y a plusieurs chiens errants, la plupart maigres et gallés.

Pour le souper, Milika nous montre à faire des rôtis indiennes; on était 25 personnes dans sa très petite cuisine où on cuisine sur un feu de bois; on cuit les rôtis sur un rond de poêle mis sur la braise. Après le souper une quarantaine de jeunes du village viennent veiller dans la pièce principale de la maison. On y chante, danse et joue toutes sortes de jeux de main et comptines. Ils apprennent énormément de chants à l'école et jouent beaucoup ensemble car ils ne sont jamais sur le nintendo ou devant la télé. Il n'y en a qu'une dans le village.

De Francine
pour la section recettes:


Scones du Beachouse de Fidji

20 tasses de farine
4 c. à table de poudre à pâte
1 tasse de sucre (au goût)
1 livre de beurre
Mélanger puis casser 5 œufs sur la farine et mélanger avec les mains.
Ajouter 3 litres de lait et 3 c. à table de vanille, et bien mélanger. Verser la pâte par sections sur une surface enfarinée puis rouler jusqu'à ½ pouce d'épaisseur ; utiliser un emporte pièces ou un verre pour former des cercles grandeur 2 pouces de diamètre environ. Disposer sur une plaque graissée et cuire au four environ 10 à 15 minutes, jusqu'à dorés.
Servir chauds ou tiédis, avec du beurre et de la confiture.
(Grosse recette pour un hôtel, diviser selon vos besoins en gardant les mêmes proportions).


" Rôti " de Milika Samunu, de Fidji

3 tasses de farine
2 ½ tasses d'eau bouillante
environ 1/4 tasse d'huile
Bien mélanger, façonner en petites boules d'environ 2 pouces de diamètre, puis rouler pour amincir comme une crêpe ; cuire dans une poêle de fonte huilée et fumante, comme une crêpe. Servir à la place du pain, avec le repas. C'est excellent avec des mets épicés au cari ou massala.



Lait de coco de Fidji

Ouvrir un noix de coco entière (vous pouvez en boire le jus ou l'utiliser dans des recettes), et râper tour l'intérieur, le blanc. Ajouter 1 tasse d'eau, bien brasser en tordant cette pulpe. Recueillir ce concentré en passant dans une passoire. Cette première extraction servira à assaisonner les mets en fin de cuisson seulement, donnant un effet velouté et savoureux.
Ajouter encore de l'eau (environ ½ litre), rebrasser et tordre à nouveau, puis tamiser encore. Ce lait servira à cuire vos légumes ou viandes, ou même poissons. C'est excellent et ajoute une saveur particulière à vos plats.
22-06-2002

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texte de Francine


13 + 14 + 15-06-02
On prend un bus pour Nadi et c'est notre tour en montagnes, à vivre à la fidjienne avec le village de Nausori Highland, pendant 3 jours. Une heure de route en 4 X 4, sur un chemin de gravelle et de superbes montagnes, puis c'est l'accueil dans une famille et la cérémonie traditionnelle du kava, assez concentré pour nous engourdir la langue dès le premier bol. Le père, Raicula Samunu, fort gaillard de 51 ans, est le chef incontesté de la famille. Milika, 25 ans, est bâtie plus que moi; c'est notre cuisinière et elle remplace sa mère, décédée il y a 2 ans. Lavenia, 17 ans, nous sert de guide et nous suit (ou devance partout), tout le temps de notre séjour, même pour aller aux toilettes. Il y a aussi 2 garçons qui reviennent de Nadi durant les fins de semaines et congés scolaires : Saula, 20 ans, et John, 14 ans.
Nos 4 enfants vont à l'école du village, chacun leur classe, les jeudi pm et vendredi am; les cours se terminent à midi le vendredi. Dans la classe à Jolyanne, tous les enfants s'assoient par terre, sur une natte; les autres classes ont des bureaux et chaises. L'école de Nausori compte 200 élèves environ, dont plusieurs viennent des villages environnants; ils arrivent le dimanche pm, couchent dans deux dortoirs (pour filles ou garçons), et repartent le vendredi pm, passer le week-end chez eux. Le sport principal est le rugby; Sébastien et Francis aiment bien ça, mais pensent que ce jeu serait interdit dans les écoles au Québec (les profs trouveraient ça trop violent!). Ca se joue comme le football, mais sans équipements de protection; bien entendu, les enfants jouent pieds nus.
Un autre jeu bien apprécié des fidjiens est le " playpanny " : ça consiste à empiler des noix de coco (ou des cannes vides) en forme de pyramide, de lancer une balle de tennis dessus, pour les faire tomber (comme aux quilles); une équipe est munie de bâtons, et l'autre équipe (celle qui a fait tomber la pyramide), lance la balle de tennis sur cette première; si la personne est touchée, elle est disqualifiée, mais, avec son bâton, elle a le droit d'envoyer la balle le plus loin possible pour pouvoir se sauver. Il faut que la pyramide soit reconstruite avant que tous les joueurs à bâtons soient disqualifiés.
Les chevaux sont utilisés principalement comme moyen de transport ou amusement. Ainsi, on a aperçu 2 gamins à cheval dont l'un était couché à plat ventre, mains et pieds pendants, comme mort. Un frisson m'a passé dans le dos quand Francis m'a dit : " Regarde maman, il est allé à la chasse! " Heureusement, comme il parlait, le jeune s'est relevé et assis normalement.
Le soir, les enfants se promènent un peu partout dans le village, chez amis et voisins, et c'est normal de rester à coucher sans en parler à ses parents. De toute façon, ça ne prend pas de lit supplémentaire car tous s'alignent sur la natte tissée en feuilles de pandanus, appelée " ibe ". Le mur du salon est décoré du traditionnel " tapa ", une tapisserie faite de l'écorce d'un arbre : le mûrier.
Durant notre séjour, on mange plusieurs mets cuits dans le lait de coco, que ce soit des légumes, viandes ou poissons. Une famille moyenne utilise environ 3 douzaines de noix de coco par semaine. On en voit souvent à vendre, attachées en paquets de 12, à $2.00 la douzaine.
Hommes et femmes se teignent les cheveux en noir le plus souvent, de sorte qu'on voit très peu de têtes grises, même chez les personnes âgées. Ils utilisent une vieille brosse à dents pour faire pénétrer le produit dans les cheveux. De même, ils cachent bien des outils dans leur coiffure (crayons, brosse à dents, …). L'eau pénètre très peu dans leurs cheveux lors de la baignade, probablement par ce qu'ils utilisent l'huile de coco pour leurs cheveux et masser leur corps.


Chansons apprises à Nausori, avec les jeunes du village :

-Simolo simolo na wai na papia na papai
Simolo Dua Rua
(et ils frappent des mains d'une façon bien particulière, avec beaucoup de ryhtme, et de plus en plus vite).
La chanson dit : small, small the water, the ghost and the giant, small, one, two…


-Concentration, concentration now begin,
Give the reason of the beat, lucky number …
(et chacun dit 2 chiffres, en suivant le rythme et frappant des main d'une façon précise; chacun a son chiffre à lui, qu'il doit dire en premier, puis dire le chiffre d'un autre, à son choix, qui poursuivra.)


-Grandma, grandma, sitting on the bench, she call the doctor, the doctor said :
Lets catarina by the head, ding, dong (bis)
(on reprend au début et change la deuxième phrase par:)
lets catarina by the hand (et on frappe des mains 2 fois) (bis)
lets catarina by the feet ( pieds 2 fois) (bis)
lets catarina by the high dance (bis)
Put them together and say:
Ding dong, clap clap, foot foot, high dance.


Un peu de traduction en fidjien ( aussi en hindi):
Oui = io merci = viinaka (dhanam baad) bonjour = bula ou dola sakuca en dialecte local (namaste)
Au revoir = moce qui se prononce modé papa = tata maman = nana
1 = dua (ack) 2 = dua (dui) 3 = tolu (tin) 4 = va (jar) 5 = lima (parn)
6 = ono (sart) 7 = vitu (art) 8 = walu (jhe) 9 = iwa (nho) 10 = tini (das)
11 = tinikadua 12 = tinikarua 13 = tinikatolu 14 = tinikava 15 = tinikalima
… et ainsi de suite jusqu'à 20 = ruasagavulu.

L'alphabet fidjien compte les mêmes lettres que nous (colonisation anglaise), avec 3 lettres en moins : H X Z, qui n'existent pas. On le prononce ainsi :
A ba ca da e fa ga i ja ka la ma na o pa qa ra sa ta u va wa ya.


Le costume pantalon avec robe longue agencée porté par les femmes hindoues s'appelle le " salwaar kameez ".

texte de Jean


Samedi le 15 juin

Ce matin on marche en montagne. On voit jusqu'à la mer. On traverse une plantation de pins où les villageois bûchent. Au passage, on salue les femmes qui font le lavage à la rivière : " On aime mieux se rencontrer ainsi et parler des gars que d'être chacun chez soi avec une machine à laver ". On passe l'après-midi à se baigner aux chutes. Les gars vont avec quelques garçons du village à la recherche d'un cheval dans la pinède. Le centre municipal est fait de bambou pour les murs et planchers. On vient de refaire le toit de chaume. On fait un feu dans un baril de 45 gallons au centre de la salle pour chauffer l'endroit mais surtout pour enlever le reste d'humidité du chaume. On assiste à la cérémonie de service anniversaire d'une dame. Les discours se font autour d'un plat de kava. C'est la cérémonie traditionnelle et non la religieuse chrétienne. Ensuite des policiers viennent expliquer aux gens du village les risques qu'ils encourent si leurs jeunes gens utilisent la marijuana. Pour venir au village les policiers ont toujours besoin de la permission du chef. Un homme âgé m'explique qu'ils ont leur conseil des sages pour régler leurs problèmes à l'interne. Une sanction de 5 coups de bâton dans le dos est une façon de dissuader bien des gens de faire des écarts de conduite. Par contre, on n'aime pas du tout les gens des droits de l'homme qui viennent leur dire qu'ils devraient s'en remettre à la justice nationale.
Cette fois-ci, les policiers ont bien fait les choses. Ils ont offert au chef, en arrivant, un gros paquet de racine de kava et ont bu le kava avec eux.
Encore ce soir, les enfants du village viennent à la maison et nous chantent des chansons traditionnelles et font des danses.
Demain, dimanche, il y aura un grand festin car des gens de plusieurs villages viennent les visiter, les hommes feront même un concours de chants à l'église. Toute la journée, les villageois ont préparé le festin; ils ont tué une taure et ont fait mariner la viande pendant la nuit; ils ont préparé quantité de manioc, taro et yam qu'ils vont faire cuire sur un lovo : four fait de pierres chauffées sur lesquelles on met des feuilles de bananiers et la nourriture qu'on recouvre d'autres feuilles et de terre; on laisse le tout cuire pendant 2 à 4 heures.



Texte de Francine


16 + 17 + 18 + 19 + 20-06-02
On revient de Nausori, arrêt quelques minutes à Nadi pour internet et reprendre nos palmes et tuba, puis départ pour Mana Island, une jolie petite île aux belles plages de sable, et munie de coraux et poissons fantastiques. A chaque sortie, on découvre de nouveaux poissons et des coraux différents. Les poissons viennent tout près de nous, grâce aux Japonais du gros resort près de notre backpackers qui les attirent en leur donnant du pain.
Sébastien profite de l'occasion pour essayer la planche à voile; bien des efforts de " remontée " sont finalement récompensés par de belles promenades à voile. On essaie aussi le " spy board ", grosseur d'un quart de kayak; on s'appuie le ventre dessus en se tenant sur les côtés, pour regarder dans un plastic transparent, et on peut admirer ainsi les poissons tropicaux sans se tracasser des masques et tubas; ça va très bien quoique moins flexibles que l'équipement traditionnel et offrant une visibilité à courte distance (directement sous la vitre seulement).
De l'animation est faite le soir : chants et danses des enfants du village, danses traditionnelles en jupes de sisal et feuillages avec torches enflammées par des locaux, course de " Bernards l'ermite " (genres de minis crabes qui se cachent dans un coquillage) : on inscrit un numéro sur la carapace, on fait des gageures, on les mets dans le centre d'un grand cercle, et le premier qui sort du cercle gagne la course. La musique dure jusqu'à 2 heures du matin, mais la fatigue du grand air et de l'exercice a raison de nous, même si nous couchons dans la chambre voisine de la disco, et toutes fenêtres ouvertes.
On reprend le bateau pour Nadi le 19 au midi, avec un arrêt pour déposer 3 personnes sur " Beachcomber "… pas mal comme petite île de villégiature, mais un peu cher pour notre budget.
De retour à Nadi, c'est l'empaquetage des bagages pour l'avion, le magasinage de dernière minute, la mise à jour sur internet, etc… et c'est le grand départ, encore une fois, on quitte un pays.

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